Daria blablate Daria blablate

27/09/2009

Chiens guides d'aveugles : un métier !

Ce dimanche 27 septembre 2009, je suis allée aux portes ouvertes d’une des écoles de la FFAC.

Je fus très contente de ma balade et j’ai appris plein de choses dont l’alphabet en braille…

J’ai découvert comme se déroulait la vie d’un chien guide d’aveugles :

Les chiots arrivent à 2 mois dans les écoles (l’élevage des chiots se fait à Lezoux dans le Puy-de-Dôme). Ils sont remis gratuitement aux quelques écoles de chiens guides d’aveugles en France.

Celle-ci se charge de placer les chiots dans des familles d’accueil de 2 mois à 5 mois. Les familles doivent sociabiliser les chiots.

Entre 5 mois et 12 mois, le chien vient une semaine tous les mois à l’école. Le reste du temps il retourne dans sa famille d’accueil.

Ensuite le chien entre 12 et 20 mois environ devient “interne” (comme les élèves humains) à l’école, il ne rentre dans leur famille d’accueil que le week-end.

Enfin, le chien sera confié à un malvoyant ou aveugle qui en a fait la demande. 2 semaines à l’école pour les deux (futur maître et chien) pour se familiariser, organiser ses déplacements en ville etc.

Le futur maître est sous contrat avec le chien pendant 6 mois et si ça fonctionne ça roule ma poule !

Pour résumer, la famille d’accueil se charge de sociabiliser le chien, l’école lui apprend plein d’ordres différents (les directions, s’arrêter à un trottoir, éviter les obstacles etc.)

A l’école les chiens sont pris en charge notamment par des éducateurs (formation en 3 ans en alternance). Les éducateurs s’occupent des chiens et se tient informé avec la famille d’accueil.

Les familles d’accueil sont toutes très contentes d’aider à leur manière à donner du bonheur à une personne, même si certaines ont quelquefois le coeur serré au moment de laisser le chien à un malvoyant.Normal, on s’occupe d’un chiot pendant presque 2 ans et puis on le “donne”, on peut en accueillir un autre ensuite etc.Les frais vétérinaires et le matériel pour le chien sont fournis gratuitement par l’école à la famille d’accueil.

Les personnes malvoyantes ou aveugles qui ont témoigné sur place ont toujours eu le mot “heureux/ euse” ou “bonheur” d’avoir un compagnon qui les guide.

Le chien vers 8-10 ans, est mis en retraite (oui c’est un boulot pour le chien d’écouter toutes la journée les ordres !) : soit il va dans une famille soit le malvoyant peut le garder tout en ayant un autre chien guide.

Pour finir, un don peut aider les écoles à fournir plus de chiens. Le don est soumis à une réduction d’impôts de 66% c’est-à-dire que si vous leur donnez 100 €, avec la réduction d’impôts vous aurez donner en fait 34 € seulement).

Je trouve ça assez terrible de faire miroiter le “gain” € fait pour avoir plus de dons pour une association d’intérêt génral ou d’utilité publique, mais c’est un hameçon comme un autre !

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20/09/2009

Origine de l'expression "faux cul"

Aujourd’hui c’est l’expression “faux cul” qui m’a intriguée. La raison de cette expression es très simple selon le wikitionnaire :

“Le faux cul désigne à l’origine, familièrement, une tournure, rembourrage que les femmes portaient sous leur robe pour augmenter le volume apparent de leur postérieur.

Par métonymie, l’expression désigne une personne hypocrite.”

Source de la photo.

Est-ce qu’un jour on aura aussi l’expression être “push up” ou “ampliforme” ou en citant la marque “Wonderbra” pour désigner une personne hypocrite ???? lol Je suis loin déjà !

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25/08/2009

Livre : La génèse de l'orthographe française (XIIe-XVIIe s.)

Bernard CERQUIGLINI
La génèse de l’orthographe française (XIIe-XVIIe siècles)
Unichamp-Essentiel ; Honoré Champion

Très instructif mais alambiqué et bcp de redites :(

Attention ci-dessous ce ne sont que des notes qui résument les idées principales du livre, l’évolution de l’orthographe française.



* 2 courants principaux :
1) pro respect tradition -> attaché au latin voire au grec. Etymologie par graphie. Bien en grammaire pour distinguer les nombreux homonymes.
Elitiste = écrire = réservé aux savants pas aux femmes ni aux enfants.

2) pro phonocentrisme : écrire comme on parle, pour permettre aux étrangers, femmes et enfants d’apprendre à écrire avec moins d’erreurs. Enlever les lettres superflues comme le s sourd dans asne -> âne l’accent circonflexe qui remplacera souvent le s sourd effacé ne sera adopté que tardivement par l’Académie Fr en 1740.

——————————-

Serments de Strasbourg 842 : alphabet romain mais il n’était adapté qu’au latin classique et la prononciation mérovingienne s’était élognée de la graphie.
Phonèmes nouveaux dans le vocalisme (e sourd final, diphtongues) comme dans le consonnatisme (palatale : cheval ch ne se prononce pas en latin).

XIIe siècle serait âge d’or orth (ancien fr) selon phonocentriste + écriture caroline claire mais en fait y’avait déjà étymologie debvoir (devoir) pour debere ou scavoir (savoir) pour scire

XVIe s. serait pour les phonocentristes la pire période (moyen fr) avec écriture gothique alambiquée et écriture confiée par nbre et nécessité développement administration fr aux hommes d’Etat.
Au XVIIe Richelieu crée l’Acad Fr et dépossède le Parlement de son autorité sur le langage.

XVIe s. Praticiens accusés de doubler consonnes pour augmenter leur salaire , mais ils avaient d’autres moyens comme l’augmentation de la marge, le rappel infini des procèdures antérieures, coordination de syonymes. De plus ils utilisaient bcp les abréviations.
Les copistes semblent percevoir que la graphie possède un ordre propre, opaque à la parole, qu’elle obéit à une mission et jouit d’un statut. L’écriture présente à la vue des formes que l’oeil doit reconnaître ; elle doit être parfaitement lisible.

v (u) et (i) j sont inconnues du latin
ex: feUe est différent de febUe (fève) car ajout lettre étymologique faba
mais parfois ajout d’une consonnance diacritique non étymologique comme h dans hUile (pourtant latin oleaum) pour le différencier de Uille (ville).

Les mots acquierent une individualité et donc sont associés à une famille. Autre information fournie à l’oeil : l’appartenance morphologique ou lexicale du mot.

La graphie soumet au regard un jeu de formes, qu’il doit non seulement reconnaître, mais distinguer et apprécier ; elle porte en elle une esthétique (ornement), qui opacifie le lien à la parole.

Enigme du s sourd devant une consomme, très longtemps écrit même si plus dit. teste, honneste, mesme, asne, blasmer, estre
Ce s préconsonnantique ne traduit pas un son mais une appartenance.

Etymologisation due à une nécessité d’une archiecture forte donc latine pour écrire la nouvelle langue qu’est le français.

“orthographia gallica” fin XIIIe s = en Angleterre car fr = langue officielle du pouvoir et de l’administration. = lieu de naissance de la grammaire fr.
Présence d’un s sourd devant un t permet par ex. de faire des désinences verbales entre 3e pers sing. du passé simple et celle de l’imparfait du subj comme fit et fist ; lut, lust.
Mais on écrit aussi un s sourd pour faire une belle écriture, il donne au terme une allure majestueuse, un peu d’antiquité, de la patine.

fr= langue vulgaire de + en + utlisée par “savants” (chirurgiens qui augmentent le vocabulaire et qui ne connaissent pas le latin), influence nificatrice de la royauté qui joint la langue à ses attributs et prérogatives (ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539).+ imprimerie + humanisme.

C’est dans le milieu des imprimeurs qu’il y a d’abord un appel à la normalisation de la langue fr, réformes via améliorations typographiques comme les accents vers 1530.
L’accent vient du grec et note les modulations de la voix donc utilisé par grammairiens.
L’accent (phono) suspend la main lorsque l’on écrit et ces 2 faits expliquent le frein à l’adoption de l’accent par Académie Française.
Paradoxe, car l’accentuation, finalement intégrée à la norme et dont elle exprime le respect soigneux, figure aujourd’hui la spécificité de la langue française confrontée à l’anglo-saxon, dont la graphie non accentuée est diffusée mondialement et régit la communication électronique.
Premiers accents adoptés : accent aigu, apostrophe (pour l’élision), cédille (espagnole).

1531 Jacques Dubois/Sylvius comme Geoffroy Tory 1529 (qui essaient d’allier phono et latin sans succès) utilise/préconise le tréma pour noter l’hiatus comme traï pour trahi ; accent aigu pour e femé (aimé) ; accent grave pour e sourd (estoîllè) et accent plat pour e ouvert (près).
Il notait au-dessus (comme indice) de lagraphie latine, les lettres prononcées à la fr.
ex : pour chevaucher
h e v   u   h e
c  a b a l c   a r

1542 Louis Meigret (lyonnais) tranche pro phono, essaie même de créer et utiliser pdt une dizaine d’années sa réforme ortho sans succès. Il veut enlever lettres superflues et écrire à l’image de ce qu’ on dit. Mais il rend les armes devant l’usage parfois incohérent comme amant -> donc pour lui on devrait dire amer, j’ame, tu ames

Depuis Meigret, le grammairien a toujours exigé une graphie soumise à l’usage oral de la langue.

Etablir une graphie correcte, relève de la science, exige un savoir rationnel ; c’est par principe la tâche du grammairien. Et de cette entreprise le peuple est exclu.
Arrogance naïve : la réforme orth c’est le boulot des linguistes.
Bien plus tard cette idée de réforme aura des vues philanthropiques  et pédagogiques : enfants, femmes, étrangers.
Problèmes de lecture seraient levés aussi. Ecrire (encoder) = réservé aux hommes lettrès au XVIe s.

Peletier = émule de Meigret. il note le problème de la régionalisation du fr qui affecte la prononciation et donc l’écriture (voustre).

Honorat Rambaud = idem. Maître d’école marseillais. 1578.
Il invente un nouvel alphabet (idéographique) car dans alphabet latin/fr soit une même lettre produit différent son c = k ou s soit formes des lettres trop proches comme u e v et n et u. Pour lui sons à représenter = 52 : 8 voyelles et 44 consonnes dont ble, bre, gle, gre…Mais cet alphabet est “illisible”, il faudrait tout réaprendre à tout le monde.
La graphie transparente à la parole est rendue opaque à la vue. Ca va à l’encontre de la thèse pro réforme.

Les conservateurs :
Guillaume des Autels
reproche aux traducteurs de faire entrer des néologismes dans la langue fr.
Attente d’une régulation par autorité royale pour orth. Car orth est une coutume, une tradition, l’usage commun.

Théodore de Bèze 1584, propose une critique remarquable du phonocentrisme.
Seule une prononciation unifiée et homogène pourrait donner lieu à une graphie stable et unique.
En outre, même unifiée en un temps donné, la pronociation évolue, vouant l’orth à de perpétuelles modifications, la déstabilisant par là-même.
Vouloir représenter la parole est un leurre car des sons français n’existent pas en latin donc pas de traduction dans l’alphabet ; de plus certaines lettres changent de son.
Il remarque qu’une langue n’est pas seulement faite de sons artificiels, mais aussi d’accents toniques, d’intonations et de traits prosodiques.
On ne s’initie donc pas à une langue par la lecture (comme l’affirmaient les réformateurs), mais en conversant avec ses locuteurs naturels.
La graphie alphabétique est une transcription de la parole.
Il fait un bel éloge du graphocentrisme. L’écriture est un mode de communication autonome et fait accèder au sens par la lecture.


Académie Fr (conservateur, usage > étymologie comme scavoir ne vient pas de scire mais de sapere !) chargée d’officialiser une norme qui deviendra celle de l’Etat. Parlement rechigne à accorder statut à acad fr car il se trouve ainsi déposséder de ses prérogatives linguistiques.


* Histoire de la lecture et de l’écriture :
Fin IXe s dans manuscrits latins apparaissent les séparations des mots. Le blanc que nous plaçons entre les termes est un progrès technique et une invention considérables : le lecteur n’a plus à démêler, en ânnonant à voix haute, le fouillis des jambages, pour en faire surgir des mots : son oeil reconnaît des formes individuées.
Ce qui mène à une seconde invention, apparue chez les professionnels, c’est-à-dire en milieu monastique : une pratique de lecture oculaire et silencieuse.


Notre lecture muette n’est en rien naturelle, elle possède une histoire qui commence pour la France autour du XIe s. et qui s’accompagne d’autres progrès :
- lecture individuelle,
- recul de la dictée au profit de la copie,
- aide à la perception oculaire (écriture plus lisible, apparition des paragraphes et des parenthèses),
disposition nouvelles des ouvrages sur la table, voire sur les rayons de la bibliothèque…
Et surtout vitesse de lecture accrue, c’est-à-dire progrès considérable dans la diffusion du savoir et dans sa maîtrise.
Il semble que la lecture privée de textes rédigés en langue vulgaire soit devenue silencieuse et oculaire au plus tard dans le courant du XVe s.


La fonction première de l’écriture est de véhiculer du sens ; pour le déchiffrer, l’oeil est le guide zélé du cerveau.
Pour Théodore de Bèze les lettres superflues servent à distinguer les homophones et d’énoncer la filiation latine.
Mais cette filiation latine ne sert pas au latiniste qui sait déjà écrire rétorque Meigret.
Le signifiant latin mêlé à la graphie fr lui impose son signifié, et participe à l’intelligence du sens (on voit ce qu’il signifie).
Les étrangers, principalement européens et savants connaissent un peu de latin, base d’internationalisation pour pouvoir apprendre le fr !
Maîtrise du sens, l’orthographe est également plaisir des yeux.
On parle pour séduire l’oreille, on écrit pour charmer la vue.

* XVIIes.
1635 création de l’Acad fr par Richelieu mais première publication du dico qu’en 1694 après moult discussions relance par Colbert.
Rôle des imprimeurs des pays-bas (calvinistes) : pro accent et v et j.
Robert Poisson en 1609 propose une correction de l’alphabet en inventant 4 caractères + accent au-dessus des consonnes.

Pour le père Philibert de Monet, la consonne étymologique, signal muet est inutile, car elle n’enseigne rien, ni à celui qui ignore le latin, ni à celui qui le sait déjà.

Louis de Lesclache règle au plus juste la valeur phonique de chaque caractère et en rend l’emploi régulier ; l écrit peis, sajese, ajant, vanjanse, axion, calité + use des accents.

* Les précieuses.
L’orthographe relève du savoir, de l’étude austère et du choix éclairé, pas du plaisir ni de l’aisance ; elle appartient à l’homme, pas à la femme.
Les femmes ont tendance naturellement à simplifier, et à transcrire ce qu’elles entendent.
Les réformateurs comme Meigret rejoint l’idée que les femmes possèdent naturellement le bon usage, qu’elles savent par intuition native ce qui est juste et de bon goût, que leur sexe, ennemi des artifices langagiers, a un rapport biologique et inné avec la langue maternelle.
Les précieuses surtout la suppression des consonnes superflues, accent ^et accent aigu sur voyelle à la place du s sourd. Mais comme ce sont des femmes ça n’est pas accepté à leur époque.

* Académie Fr (conservateur, usage > étymologie comme scavoir ne vient pas de scire mais de sapere !) chargée d’officialiser une norme qui deviendra celle de l’Etat. Parlement rechigne à accorder statut à acad fr car il se trouve ainsi déposséder de ses prérogatives linguistiques.

accent ^ à la grecque (modulation de la voix allongeant la syllabe) refusé par acad fr
Pour Bossuet le postulat étymologique (latin) devient principe régulateur de l’orthographe.

En France, nul texte juridique, circulaire ou décret (même en décembre 1990) ne régit le code graphique, mais une puissante délégation.


Après l’Etat, c’est l’école de la république 1880 qui développa l’usage de cette orth.
1740, 3e édition du dico, changements : réduire le doublement des consonnes,
régler l’emploi du y, introduisit l’accent circonflexe.

1835 : 6e édition elle décida qu’on écrirait “ai” les imparfaits et conditionnels jusqu’alors notés “oi”.

1990 : 9e edition.

* Les réformateurs ont “gagné” sur deux plans :
1) on fait entendre  des lettres superflues tact, rapt, dompter, sculpture, gageure… Si l’on n’écrit pas comme on prononce, on tend à prononcer comme on écrit
2) l’alphabet phonétique (Paul Passy, prof d’anglais) Alphabet Phonétique International

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